ven. Oct 18th, 2019
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Smartphone et données, comment reprendre le contrôle de la géolocalisation

Par Bastien Dubuc, Country Manager France, chez Avast

L’UFC-Que Choisir vient d’annoncer le lancement d’une action de groupe contre Google, devant le Tribunal de grande instance de Paris. L’association de consommateurs veut en effet obliger le géant américain à demander le consentement sur la géolocalisation et le ciblage publicitaire. Aujourd’hui, plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde possèdent un smartphone, et environ 1 400 applications connues ont accès à la localisation des utilisateurs, avec une très grande précision.

Les données recueillies à partir des smartphones et applications sont précieuses pour les marques qui les exploitent à des fins publicitaires, d’acquisition et de rétention client. Ce qu’un consommateur fait, où il va et la manière dont il mène ses activités offrent de riches perspectives socio-économiques et démographiques, qui peuvent être utilisées pour des opportunités marketing très ciblées. Au niveau macro-économique, ces informations sont une aide pour les dirigeants d’entreprises, les collectivités territoriales et locales dans l’amélioration de la vie quotidienne des citoyens. Mais lorsqu’elles sont couplées à d’autres marqueurs identifiables, les données de géolocalisation exposent des informations personnelles, liées à la famille, la santé ou encore aux activités qu’un utilisateur aimerait garder privées.

Les smartphones actuels sont tous équipés de puces GPS qui détectent le signal d’une série de satellites. Toutefois, il arrive qu’il soit perdu et que l’antenne du téléphone ne soit pas en mesure de suivre la position par GPS. Les téléphones étant désormais dotés d’une puce Wi-Fi intégrée, ils recherchent alors des points d’accès sans fil, tels que des routeurs domestiques, des balises et autres réseaux, et diffusent publiquement des données. Ils peuvent ainsi obtenir une localisation très précise et rendre les applications et services basés sur la position bien plus utiles. Les informations collectées permettent également d’établir un profil utilisateur très détaillé. En outre, de nombreuses personnes sont prêtes à échanger leurs données, si elles estiment que les avantages d’une application l’emportent sur les risques. Et la plupart des utilisateurs continuent de recourir à des services accédant à la position géographique par commodité et par sécurité.

Malheureusement, comme toute information sensible, les données de géolocalisation peuvent être utilisées à mauvais escient. Les défenseurs de la protection de la vie privée et les organismes législatifs font pression, non seulement pour un meilleur stockage de ces données mais aussi pour réduire leur nombre sur les smartphones. Leur objectif est également de limiter la fréquence à laquelle les applications et les appareils envoient un ping pour obtenir la position géographique, ainsi que de chiffrer les données de localisation sur les terminaux mobiles.

Bien qu’il ne soit actuellement pas possible de désactiver complètement le suivi sur un smartphone, il existe des moyens de le limiter, notamment en désactivant les services de géolocalisation, complètement ou uniquement pour certaines applications ; en sachant que la plupart d’entre elles n’en ont pas besoin pour fonctionner. L’utilisation d’un réseau privé virtuel (VPN) offre aussi la possibilité de créer un tunnel privé entre un smartphone et Internet, chiffrant ainsi le trafic et l’activité Web, pour réduire les risques de piratages. En outre, il est important de s’assurer que le téléphone demande à rejoindre un réseau dès qu’il est détecté plutôt que de se connecter automatiquement au réseau ouvert le plus puissant. Enfin, supprimer les applications inutilisées depuis plus de six mois est également essentiel, car elles ne bénéficient pas des dernières mises à jour et sont donc plus vulnérables aux cybermenaces. Mieux vaut les télécharger de nouveau.

La géolocalisation sert aussi bien les intérêts des utilisateurs de smartphones que ceux des organisations, lorsque les données collectées sont exploitées à bon escient et dans le respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Toutefois, des moyens existent aujourd’hui pour ceux qui ne souhaitent pas être suivis à la trace en permanence, et veulent reprendre le contrôle sur leurs informations personnelles.

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